Ougl.net ferme ses portes

Chers amis,

Soyons sérieux deux minutes : je n'ai plus le temps ni l'envie de m'occuper sérieusement de ce magazine vétérant de la poilade numérique. Je vous le donne en mille : depuis bientôt 10 ans d'aventure, de l'eau a coulé sous les ponts. D'un ensemble de parodies bêtes et méchante singeant la folie de la bulle Internet, Ougl est devenu pêle-mêle un recueil de textes satiriques, un showroom de conneries multimédia, un faux journal d'actualité d'une cité imaginaire, un organisme de concours, un leader d'opinion, une escouade de plumes aussi talentueuses qu' intermittentes, ainsi qu'un gros merdier à gérer. Depuis le début, je me suis farci la totale : conception, design, graphisme, code, rédaction, administration, service après-vente, veille juridique (un procès évité de justesse). C'était enthousiasmant pendant longtemps, certaines périodes furent proprement jubilatoires, mais entre temps, je suis aussi devenu adulte. J'ai mûri, découvert et apprivoisé les femmes, les arts, la politique... Mes couilles ont doublé de volume, il est désormais temps de partir à l'assaut du globe armé de mon charisme dionysiaque.

Vous croyez que ça les fait rêver, les pitchounes, un "webmaster" ? N'y a-t-il pas autre chose dans la vie que les changements de DNS, les failles de sécurité dans le .htaccess ou la compatibilité des feuilles de style CSS avec la version 9.25 d'Opera ? Homme du monde, je ne pouvais plus longtemps risquer d'être surpris en pleine conversation téléphonique avec mon hébergeur pour qu'il fasse migrer ma base MySQL vers un serveur dédié basé à Gournay...

Au-delà de l'aspect technique, je me suis lassé de l'esprit initial de Ougl.net. Vous croyez que j'en n'ai pas ras le bonnet des jeux de mots faciles dignes des pires unes de Libé ? Est-ce un motif de fierté que d'être encore associé aux "Gueules de Cons Awards" ou aux divagations prépubères de sinistres cuistres aussi accrochés à mon forum qu'un chancre à son morceau de barbaque ? Certes, je suis plutôt fier de 90% du contenu publié depuis le départ, mais le concept a vécu et aucune ligne éditoriale particulièrement nouvelle n'a pu voir le jour depuis environ 5 ans sous le patronnage de Saint Edika. J'en fais le deuil : Ougl, c'est terminé, et c'est vraiment mieux comme ça !

Ougl ne fêtera donc pas son 10e anniversaire. La page est tournée. A l'heure des blogs inspides, du web 2.0 bien-pensant et du galimatias e-citoyen, je suis assez content de tirer ma révérence et m'éloigner un temps de cette grand-messe qu'est l'Internet à très haut débit. Pour ce qui est de la consultation des archives, un système sera mis au point pour que le meilleur d'Ougl soit accessible aux nostalgiques. Rassurez-vous, chers amis, ce qui a fait vivre cet espace d'idiotie libre n'a pas disparu. Votre serviteur a d'autres projets. Il est simplement le temps d'avancer et de laisser reposer en paix ce site devenu l'ombre de lui-même.

Ouglement vôtre,
Arthur / Ougli.